De Pontivy à Cholet en passant par Notre-Dame

Laure nous ayant rejoint pour quelques jours de vélo, nous lui laissons le clavier pour résumer cette partie du voyage

J’ai rejoint Antoine et Gaëlle à Pontivy, au centre de la Bretagne. Et avant de commencer à pédaler, c’était déjà du sport ! Selon la SNCF, pour transporter un vélo dans un train non équipé, veuillez démonter entièrement votre vélo, le mettre dans une housse de transport et porter ces 20 kg sur l’épaule. Ajoutez 2 sacoches arrière, une sacoche avant et un autre sac, tout cela en bandoulière et vous serez prêts à affronter les escaliers pour accéder au train. Si vous réussissez à monter dans le train vous pourrez ensuite tenter de trouver une place à votre vélo sur une plateforme entre le poêle à bois et le sac de hockey ! « La SNCF et son personnel d’accompagnement vous souhaitent un agréable voyage » !

Nous avons fait une première étape à Vannes face au Golfe du Morbihan, puis visite de l’île d’Arz invités par Solenn et Rémi, chez qui Antoine et Gaëlle avaient participé à un chantier. Ensuite nous quittons la côte direction plein Est vers Redon, puis nous passons sur une petite portion du canal de Nantes à Brest, et arrivée à Notre-Dame-des-Landes.

Les 2 jours passés sur la ZAD (comprendre « Zone à Défendre ») en compagnie des ZADistes nous ont permis d’avoir un aperçu partiel de ce qui s’y passe. Regroupement de jeunes et moins jeunes, motivés par la lutte contre le projet d’aéroport, et séduits par le mode de vie qui y règne, nous sommes accueillis dans une ferme occupée et exploitée par les ZADistes. Dans la ZAD on parle autosuffisance, naissances d’un petit veau noir, maraîchage, paillage à base de tiges de haricots, construction de cabanes à base de matériaux de récup’, isolation du toit de la ferme; mais aussi manifs, violences policières, exprimer son opposition avec violence ou non violence ? Là bas on ne dépense rien : une vie sans argent est-elle possible ? Là bas pas de chef, de représentant, ni de référent : un groupe ainsi autogéré est-il plus fonctionnel que s’il y avait un « chef » ? Ce fut un court séjour soulevant beaucoup de questions.

Ensuite, choc des cultures, et retour en ville à Nantes (vraie jungle urbaine pour un cycliste !). L’un des potentiels projets culturels de la ville est la construction d’un immense arbre aux hérons, de métal et de bois, entièrement végétalisé et habité par des insectes ou animaux-machines où pourront évoluer les piétons … Alors, aéroport ou arbre aux hérons ?