Sous les poiriers, les vaches

Nous avons fait un arrêt dans une ferme du sud de la Normandie. De quoi se recharger les batteries après 12 jours de vélo en s’occupant des vaches et de la préparation d’un bâtiment pour l’installation d’un système de chauffage.

Nous avons donc découvert l’exploitation de Tanguy et Adèle : essentiellement vaches laitières et production de blé et de farine, mais aussi pommiers et poiriers à poiré, accueil paysan (dans une yourte), potager, cochons et chèvres. De quoi avoir des journées bien remplies, mais ils savent également se dégager du temps pour eux et leurs trois enfants.

L’atmosphère nous a changé de notre précédent arrêt à Lille ! Et du coup, cela nous fait réfléchir : pourquoi, quand on veut se lancer dans le bio, on pense forcément au maraîchage ? En effet, l’agriculture, c’est vaste : élevage bovin, ovin, caprin, de volailles, production céréalière, arboriculture, apiculture… En plus, le maraîchage est de loin l’activité qui demande le plus de travail comparé à ce que ça rapporte. Alors ? Je pense que c’est dû au faible investissement initial nécessaire : la surface de terrain peut être de quelques hectares et la mécanisation est faible (donc peu d’achat de machines et pas de construction de bâtiment pour les stocker). De plus, les AMAPs ont contribué à la mise en valeur de ce métier. Je ne veux pas dénigrer ce métier, qui est nécessaire, mais j’espère que des personnes qui pensent à se reconvertir n’abandonnent pas, faute d’avoir pensé aux autres possibilités.

La minute tourisme : le poiré

Nous avons découvert le poiré, un alcool de poire équivalent au cidre pour les pommes. Il est très spécifique à la région de Domfront, en Basse-Normandie. Là-bas, des poiriers centenaires donnent de petites poires presque rondes qui servent à la préparation de ce breuvage. Ces poiriers sont très précieux car les arbres de ces espèces ne commencent à donner des fruits qu’au bout de trente à quarante ans, leur qualité gustative s’améliorant avec l’âge de l’arbre. Mais attention : on ne cueille pas les poires, on les ramasse une fois qu’elles sont tombées par terre. C’est ainsi qu’on est sûr qu’elles sont à maturité. C’est donc tout un cérémonial qui se reproduit 3 à 4 fois dans la saison, afin de récupérer tous les fruits. Et en attendant, quand on sort la nuit pour aller aux toilettes, on entend le bruit caractéristique des poires qui tombent…