Maraîchage au bord de la Saône

Nous avons passé un peu plus de 10 jours sur l’exploitation maraîchère de Lucie qui fait pousser des légumes sur 9 hectares de terrain.

Au programme, cueillette des petits pois, pois mangetout, fèves et autres blettes, plantation des choux, désherbage, transformations… et encore beaucoup de discussions enrichissantes avec Lucie, ses amis et ses salariés. Je constate encore à quel point il est difficile aujourd’hui de vivre de l’agriculture, une activité pourtant essentielle à l’humanité. Alors où est le bug ? Le coût du travail est-il trop élevé (l’agriculture bio est gourmande en main d’œuvre) ? On ne paie pas notre nourriture au juste prix ? Ces discussions aboutissent régulièrement à l’idée de remettre des taxes au frontières pour relocaliser les productions essentielles (lesquelles ?) de chaque pays. Un retour en arrière diraient certains…

Autre constatation récurrente : on vit tout de même mieux en bio qu’en conventionnel, surtout quand on sait que l’agriculture biologique est bien moins subventionnée. Et la meilleure solution aujourd’hui pour améliorer ses fins de mois est de vendre ses produits transformés. Les agriculteurs que nous avons rencontré n’avait pas d’activité annexe type gîte ou formation mais cela se fait aussi beaucoup.

Lucie nous a fait également visiter la région. Nous avons ainsi revu Saint Jean de Losnes (nous y étions déjà passés lors de notre préparation en été 2012) et nous avons découvert Semur-en-Auxois : une superbe petite ville moyenâgeuse.

Nous sommes ensuite repartis sur les routes, direction : le Doubs. En effet, nous étions attendus pour un week-end escalade-festival (Racines et Rencontres à Audincourt). Nous avons donc traversé le massif du Jura pendant trois jours : plateaux, forêts de résineux et gorges du Doubs au programme.

Petite anecdote : nous sommes arrivés sur la départementale qui longe les gorges du Doubs pour découvrir qu’elle était barrée sur plus de 6km… Pas envie de remonter les 2km de côté que nous venions de descendre, on se lance donc sur la route en croisant les doigts pour que ça passe à vélo. Et ça ne passe visiblement pas : un passage sous un pont est rempli d’échafaudages… Heureusement, les ouvriers qui travaillaient sur le chantier nous ont proposé de nous aider à passer les sacoches puis les vélos à vide. On discute un peu : l’un d’entre eux avait récemment fait un voyage à vélo jusqu’en République tchèque… Nous avons ensuite pu profiter de 5km de route dans les gorges, rien que pour nous !