Comment sommes-nous arrivés au sommet du Canigou ?

Et oui, lors de nos dernières nouvelles, nous partions de Prémian… et nous voici au retour de l’ascension de la mythique montagne catalane. Petit retour en arrière…

Nous sommes donc partis du gîte après le repas de midi, non sans avoir eu une initiation rapide à l’apiculture par des amis à Pierre venus s’occuper de ses ruches. Nous avons repassé la montagne par le col de Sainte Colombe pour redescendre du côté de Minerve. Nous avons passé là quelques jours chez les parents viticulteurs d’une amie, le temps d’une plongée dans le milieu paysan et politisé de la Conf’ (la Confédération Paysanne, syndicat de petits paysans, différent de la FNSEA). Les discussions ont été fort intéressantes et instructives. Nous avons également beaucoup appris sur le travail de la vigne et du vin.
Nous sommes ensuite repartis pour Perpignan, avec une nuit à Narbonne, chez un ancien militaire fraîchement converti au voyage à vélo. Il nous a accompagné sur les premiers kilomètres du matin pour nous montrer de jolies petites routes et nous parler de l’histoire locale. Nous avons poursuivi la journée par un arrêt au bord de la mer, histoire de se poser sur le sable des plages vides et de manger des moules-frites chez le père d’une amie. Les deux journées ont été tellement belles que nous avons attrapés nos premiers coups de soleil ! Une fois arrivés à Perpignan, nous avions prévu de faire un aller-retour en Espagne sur deux jours…mais le Canigou nous a rattrapé.

2784 mètres d’altitude, un dénivelé positif de 1700m en deux jours, une vue à 360° sur les Pyrénées Orientales… Cela faisait quelques temps qu’on hésitait à le faire. On nous en avait beaucoup parlé, on nous avait prévenu qu’à cette saison les conditions étaient encore hivernales. Après moult réflexions, on avait décidé de laisser tomber : trop de logistique (comment atteindre le départ ? Où louer des crampons ? Que faire de nos vélos ?) pour un résultat non garanti. Et puis, au cours d’une discussion dans la coloc où nous allions passer la nuit, nous évoquons le sujet. Deux des colocs lancent alors : « Moi je le ferais bien si on part jeudi (le surlendemain). » On se demande un instant si ils ne plaisantent pas, mais ils sont bel et bien sérieux. Du coup, à minuit, la décision est prise. S’ensuit une journée marathon pour récupérer tout le nécessaire : location de crampons, prêt de matériel chez différents amis, achat des victuailles, le tout à vélo. Et le soir même, mission accomplie : nous sommes prêts au départ. La suite, vous la connaissez…