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Balade en Poitou-Charentes

Je reprends mon tour de plume maintenant que je suis rétablie (comme vous avez pu le constater en filigrane de la fin de l’article précédent : j’ai eu la grippe…).

Antoine a visité la Rochelle pendant que je me reposais chez nos gentils hôtes du moment, puis nous sommes partis pour l’île de Ré. Une très belle île. Nous nous sommes régalés sur les paysages et les ciels magnifiques. Nous avons eu l’impression d’être 200 km plus au Sud ! Malheureusement, les prix sur place sont exorbitants et ne permettent qu’à quelques-uns de profiter pleinement de ses beautés.

Nous avons ensuite rallié Angoulême en deux jours de vent de face, découvrant la platitude des Charentes-Maritimes et l’omniprésence de champs immenses (tout ceci expliquant sûrement en partie la force du vent). En arrivant sur Angoulême, nous retrouvons des collines et quelques vignes. Une petite visite éclair de la ville (et de sa médiathèque de bandes dessinées) et nous sommes repartis direction plein est. Le froid est finalement arrivé et la dernière étape, sous un crachin bien frais et sur un relief qui s’accentue petit à petit, s’est avérée éprouvante. Nous avons tout de même apprécié de retrouver des forêts et des paysages de petite montagne à mesure que nous approchions du Limousin et du massif Central…

De l’installation en maraîchage

Nous venons de passer une semaine chez Amandine et Martial, qui s’installent en maraîchage. L’occasion donc de passer un peu de temps au champ, de participer à un chantier de déconstruction (pour changer) et de discuter beaucoup de formes juridiques, contraintes administratives, techniques culturales… Bon courage à eux pour lancer et stabiliser leur petite exploitation. Nous espérons avoir l’occasion de retourner les voir !

Nous repartons pour quelques jours de vélo, avec une météo pour l’instant insolente pour une fin de Novembre. Exceptionnellement, nous ne savons pas encore ou sera notre prochain wwoofing ou chantier, mais nous y travaillons !

Note sur le voyage en binôme : quand un des deux cyclos est malade, on se rend compte à vélo de l’impact de la maladie sur notre capacité physique. En temps normal, nous avons un rythme de pédalage similaire. Avec de petites variations : en général, Antoine est devant le matin, Gaëlle l’après-midi. Mais quand un des deux est malades, la différence devient flagrante : celui qui est bien portant a l’impression que le malade roule avec les freins serrés, et qu’il suffit de mettre un coup de pédale pour le distancer de vingt mètres.

 

De Pontivy à Cholet en passant par Notre-Dame

Laure nous ayant rejoint pour quelques jours de vélo, nous lui laissons le clavier pour résumer cette partie du voyage

J’ai rejoint Antoine et Gaëlle à Pontivy, au centre de la Bretagne. Et avant de commencer à pédaler, c’était déjà du sport ! Selon la SNCF, pour transporter un vélo dans un train non équipé, veuillez démonter entièrement votre vélo, le mettre dans une housse de transport et porter ces 20 kg sur l’épaule. Ajoutez 2 sacoches arrière, une sacoche avant et un autre sac, tout cela en bandoulière et vous serez prêts à affronter les escaliers pour accéder au train. Si vous réussissez à monter dans le train vous pourrez ensuite tenter de trouver une place à votre vélo sur une plateforme entre le poêle à bois et le sac de hockey ! « La SNCF et son personnel d’accompagnement vous souhaitent un agréable voyage » !

Nous avons fait une première étape à Vannes face au Golfe du Morbihan, puis visite de l’île d’Arz invités par Solenn et Rémi, chez qui Antoine et Gaëlle avaient participé à un chantier. Ensuite nous quittons la côte direction plein Est vers Redon, puis nous passons sur une petite portion du canal de Nantes à Brest, et arrivée à Notre-Dame-des-Landes.

Les 2 jours passés sur la ZAD (comprendre « Zone à Défendre ») en compagnie des ZADistes nous ont permis d’avoir un aperçu partiel de ce qui s’y passe. Regroupement de jeunes et moins jeunes, motivés par la lutte contre le projet d’aéroport, et séduits par le mode de vie qui y règne, nous sommes accueillis dans une ferme occupée et exploitée par les ZADistes. Dans la ZAD on parle autosuffisance, naissances d’un petit veau noir, maraîchage, paillage à base de tiges de haricots, construction de cabanes à base de matériaux de récup’, isolation du toit de la ferme; mais aussi manifs, violences policières, exprimer son opposition avec violence ou non violence ? Là bas on ne dépense rien : une vie sans argent est-elle possible ? Là bas pas de chef, de représentant, ni de référent : un groupe ainsi autogéré est-il plus fonctionnel que s’il y avait un « chef » ? Ce fut un court séjour soulevant beaucoup de questions.

Ensuite, choc des cultures, et retour en ville à Nantes (vraie jungle urbaine pour un cycliste !). L’un des potentiels projets culturels de la ville est la construction d’un immense arbre aux hérons, de métal et de bois, entièrement végétalisé et habité par des insectes ou animaux-machines où pourront évoluer les piétons … Alors, aéroport ou arbre aux hérons ?

Réhabilitation d’un manoir en Bretagne

Nous venons de passer dix jours chez Solenn, Rémi et leurs enfants, qui réhabilitent un manoir en Bretagne. Ils y travaillent depuis plusieurs années, avec un gros travail:

  • Défaire les modifications apportées au bâtiment au cours des décennies, qui changeaient de manière importante son aspect ou mettaient sa pérennité en péril,
  • Changer les éléments le nécessitant car ils deviennent dangereux, comme des poutres ou solives, ou ne conviennent plus aux impératifs modernes, par exemple en posant des fenêtres plus isolantes,
  • Réaliser de nouvelles finitions avec les techniques traditionnelles : enduits à la chaux, parquet massif… en apportant dans la mesure du possible une correction thermique, isoler là où c’est possible,
  • Ventiler, produire et distribuer la chaleur nécessaire au confort du bâtiment.

Bref, un projet de longue haleine. Durant notre passage nous avons essentiellement aidé à isoler le grenier et à poser le sol en liège de la salle de bain.

L’occasion aussi de visiter un peu un coin de Bretagne où fourmillent les idées et initiatives : magasins de producteurs et petits marchés, maraîchers, boulangerie à l’ancienne, pâtisseries sans gluten ni lactose… un séjour gastronomique.

Hier soir nous avons retrouvé Laure à Pontivy pour quelques jours de vélo ensemble, dont le programme est en train de se déterminer au grès de nos consultations de cartes et coups de fils.

 

Bretagne : toujours plus haut, toujours plus à l’Ouest

Pour aller de Plouguenast au prochain chantier, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres…si on va en ligne droite. Fidèles à notre devise : « Le plus court chemin est celui qui permet d’en voir le moins », nous avons mis 9 jours pour parcourir cette route.

Nous avons tout d’abord pris la direction du Nord pour rejoindre Saint-Brieuc. Un petit week-end chez une amie d’enfance nous a bien changé les idées, avant de repartir direction le centre-Bretagne et les Monts d’Arrées. Nous sommes passés à quelques mètres du sommet de la Bretagne sous un temps caractéristique du coin : crachin et vent d’Ouest (de face donc). Nous avons ensuite enchaîné presqu’île de Crozon, baie de Douarnenez, pointe du Van (en face de la pointe du Raz), Concarneau, Quimper et Quimperlé. Des payasages variés et superbes sous un temps variable et sur des collines casse-pattes. Les quelques nuits en warmshowers ont été particulièrement appréciées !

A l’arrivée à Ploërdut, nous étions rincés. Mais avec un peu de recul et en retriant les photos, on ne peut s’empêcher de penser : encore une bien belle région !