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La différenciation homme/femme : 1ère partie

Bonsoir à tous !

Comme je suis d’humeur un peu passionnée, il m’arrive de pousser des coups de gueule. Il se peut donc que cette rubrique s’étoffe au fur et à mesure, en fonction de mon humeur du moment.

Au menu de ce soir, je vous propose un de mes coups de gueule du moment : la différenciation homme-femme. Et j’ai tellement de choses à dire à ce sujet qu’il se peut que j’y revienne en plusieurs billets.

1ère cause d’énervement : non mesdames, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire du crémier

Les jeunes filles et jeunes femmes de ma génération ont grandi avec un modèle à deux têtes : d’un côté on nous parle de féminisme et d’égalité des droits des hommes et des femmes, d’un autre on nous parle encore du prince charmant et on nous offre des poupées pour Noël. Du coup, pour beaucoup, nous avons juste « naturellement » essayé de récupérer le meilleur des deux mondes. Et nous nous retrouvons à vouloir être reconnues professionnellement à l’égal des hommes tout en leur demandant de continuer à être galant et à faire le premier pas en amour. Nous sommes déterminées et voulons prendre nos décisions seules au travail ; nous demandons à notre compagnon de nous protéger, nous rassurer, nous cajoler une fois à la maison. Comment voulez-vous mesdemoiselles que ces messieurs y comprennent quelque chose? Qu’ils ne puissent pas, pour certains, être mal à l’aise avec les dualités de cette approche du féminisme?

Alors mesdemoiselles, mesdames, choisissez votre camp !

2ème cause d’énervement : être une femme n’est pas moins bien qu’être un homme

Homme en jupeMalgré (ou à cause ?) du féminisme, cette image reste ancrée au fond de beaucoup de gens. Les féministes ont demandé à ce que les femmes puissent faire la même chose que les hommes. Elles (et ils) ont en partie obtenu gain de cause mais au prix d’un comportement féminin qui se rapproche de plus en plus de celui des hommes (certaines femmes qui ont « réussi » professionnellement sont encore plus dures que leurs collègues masculins). Les femmes ont donc réussi à obtenir le droit de faire les mêmes tâches qu’un homme, mais elles n’ont pas réussi à faire reconnaître professionnellement des valeurs dites « féminines » (compréhension, entraide, émotivité) à l’égale des valeurs traditionnellement « masculines » (combativité, sens de l’honneur, impassibilité devant les épreuves).

Un autre état de fait est révélateur de cet état d’esprit : qui a demandé à ce que les hommes puissent faire la même chose que les femmes ? Qui a milité pour le port de la jupe pour les hommes (alors que pour des raisons anatomiques, je suis persuadée que ce serait plus confortable pour eux) ? Qui a manifesté pour que les hommes puissent avoir accès à des métiers comme la couture et le secrétariat ? Aujourd’hui il reste mal vu pour un homme d’avoir un comportement qui se rapproche un tant soit peu du comportement « normalisé » féminin. Et ce autant par les hommes que par les femmes. Un homme, par définition, ce n’est pas une femme. C’est ainsi qu’il se définit : je ne suis pas une tapette, je ne pleure pas. Et il a régulièrement besoin de le prouver : en rabaissant les femmes et surtout les homosexuels, en montrant qu’il est capable de se battre…

Il y a donc, à mon avis, encore beaucoup de chemin à faire. Et le féminisme devrait se transformer en un mouvement d' »anti-sexisme » : le droit pour chacun, quelque soit son sexe, d’avoir le comportement qu’il souhaite.

D’autres sujets liés au féminisme dans un prochain billet (soyez indulgents : avant de dire que j’oublie certains thèmes, attendez-le !) !