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Maraîchage en permaculture

Nous avons passé une journée chez Edouard et Linda, que la fameuse ferme du Bec Hellouin nous avait conseillé de contacter. Une journée passée à ramasser des fraises, des oignons et des courges, et bien sûr à échanger.
Edouard et Linda sont installés depuis 3 ans en maraîchage biologique sur 2,8 hectares. Ils se sont en partie formés au Bec Hellouin et appliquent des techniques permaculturelles. Ainsi, je vois pour la première fois en vrai de l’agroforestrie : les rangées d’arbres, encore jeunes, sont séparées d’une distance suffisante pour caser 3 planches standards de maraîchage. De plus, des petits fruits et quelques autre légumes sont plantés entre les arbres d’une même rangée. Les allées ne sont pas désherbées, juste débroussaillées quand le besoin s’en fait sentir. Un ensemble de buttes permet de cultiver des plantes aromatiques…
Cette ferme nourrit ainsi 50 familles, en plus d’une vente directe à la ferme le samedi. Il n’y a pas de revenus secondaires.
Voilà qui me conforte dans mes convictions : la permaculture à « grande » échelle, c’est possible !

En tout cas, nous tenons à remercier Edouard et Linda pour leur accueil « au pied levé » et pour toutes les discussions ainsi que les précieux conseils qu’il nous ont donné !

Les concombres sont affectueux…

… enfin surtout leurs feuilles qui s’accrochent aux vêtements.

Nous venons de passer une dizaine de jours chez Kevin, maraîcher lillois. Il produit sur un terrain à 15 km du centre-ville des fruits et légumes pour deux AMAPs, des magasins et restaurants bios et un peu de vente directe. Ancien professeur de français et d’anglais, il s’est converti il y a 6 ans par militantisme : pour contribuer à ce que les gens puissent mieux manger. C’est un travailleur forcené. Il pourrait travailler moins mais il lui faudrait embaucher plus d’employés et cela augmenterait ses prix. Du coup il ne compte pas faire ce métier toute sa vie et réfléchit déjà à un repreneur.
Côté activités, nous avons aidé à désherber, cueillir, préparer les commandes, transformer les pommes en jus et en compote.

Nous en avons également profité pour visiter la capitale du Nord et manger des frites et du welsh. Mention spéciale pour l’accès vélo à la ville et dans la ville : des pistes et bandes cyclables partout même et surtout sur les grands axes, des passages de trottoirs bien rabaissés. Si bien qu’il s’agit d’une des rares villes où nous sommes entrés sans quasiment jamais se sentir en insécurité.

Les Fraternités Ouvrières

Nous sommes également allés faire un tour chez nos voisins belges, pour visiter les Jardins des Fraternités Ouvrières. Nous avons surtout vu le jardin de Gilbert et Joseline Cardon, qui faisait justement sa porte ouverte. Un jardin sans intrant chimique, sans apport d’engrais, sans arrosage depuis plus de 30 ans ! Un organisme belge équivalent de l’INRA est venu faire des analyses de sol…deux fois car ils n’en revenaient pas des résultats (positifs bien sûr). Le principe : un jardin-forêt qui essaie de reproduire une lisière de forêt. En effet, ce sont les lieux de transition entre deux écosystèmes qui sont les plus riches en biodiversité. Du coup, il y a des arbres partout, qui sont taillés régulièrement pour ne pas apporter trop d’ombrage (ce qui reviendrait à une forêt). Une autre idée est de densifier le milieu, il y a des plantes à tout les étages : arbres, plantes grimpantes, buissonnantes, rampantes… Tous les déchets végétaux sont laissés ou remis sur place, parfois sous forme de tas pour favoriser la biodiversité. Et beaucoup d’autres idées originales, parfois farfelues mais qui méritent toujours réflexion :

  • Tout n’est pas cueilli : environ 10% de la production est laissé « à la nature ».
  • Les « mauvaises herbes » qui sont comestibles sont les bienvenues et ne sont donc pas éradiquées.
  • Les variétés anciennes et robustes, qui ne demandent donc que peu d’entretien, sont à l’honneur (kakis, nèfles, coings…).
  • Les jardiniers n’hésitent pas à essayer : de nouvelles variétés sont régulièrement testées, certaines méconnues, d’autres habituellement pas plantées sous ce climat (belge tout de même !).
  • Les parties malades des plantes sont retirées mais ensuite laissées sur place au pied de l’arbre : l’idée est que ces parties mortes contenant donc une maladie affaiblie entraînent une réaction des arbres alentours qui se fortifient contre cette infection.
  • Les amandiers, arbres dont les fleurs sont sensibles au gel, ne sont pas implantés dans des zones protégées du froid mais au contraire, sont exposés au plein vent pour retarder leur floraison.

Au final on se ballade dans une jungle luxuriante, pleine de pommes et de kiwis (en cette saison) et on oublie qu’on est en plein quartier résidentiel.
Un concept original donc mais qui me semble difficile à reproduire à l’identique à plus grande échelle pour la vente. Mais beaucoup d’idées peuvent être retenues. Un bémol lancé par Antoine : « C’est bien beau ces essais mais comment être sûr des choses qui fonctionnent et qui ne fonctionnent pas sans des essais à grande échelle menés de manière rigoureuse et scientifique ? » Que font donc nos organismes de recherche publique ? Ce devrait être leur boulot. Ah oui, ils sont occupés à être « rentables » en effectuant des études financées par les industries phytosanitaires et agroalimentaires…

Des cochons dans la prairie

Nouvelles rencontres, nouvelles découvertes…et nouveau départ.

Cette fois-ci, nous étions à Mourjou dans le Sud du Cantal, dans une ferme qui élève des porcs bios en plein air, une rareté en France. Nous étions donc curieux de voir ça de plus près. Nous avons donc partagé le quotidien de Véronique, Nicolas, Bogdan et Mirza (les deux chats, terribles chasseurs de rats-taupes) et les cochons pendant 10 jours.

Notre journée-type commençait à 7h30 avec l’alimentation des cochons. Nous petit-déjeunions seulement après, copieusement. Puis petite pause d’une heure, avant d’entamer les occupations de la journée. Fin vers 17h30, avant le repas du soir vers 19h30. Ce rythme n’est pas du tout habituel, et les deux repas par jour au lieu de trois m’ont demandé un temps d’adaptation.

Les cochons, une soixantaine environ, avaient l’air heureux, bien nourris et communicatifs (ils venaient discuter quand ils nous voyaient au bord de leur pré). Véronique et Nicolas avaient toujours un petit pincement au cœur le jour où il fallait en amener à l’abattoir… Nous avons également pu participer à la transformation, de la carcasse aux saucissons et pâtés.

Nous avons eu pour responsabilité de construire un poulailler pour 4 poules, bien isolé, avec des matériaux récupérés. Cela a occupé une bonne partie de nos journées et nous avons pu le mettre en place juste la veille de notre départ ! Nous attendons avec impatience des nouvelles des occupantes quand elles seront arrivées.

Au final encore une belle expérience et beaucoup de discussions très riches. Merci aux Fresnau pour leur accueil !

 

Paille et terre

Persuadeur au reposDepuis notre dernier billet, nous avons passé deux semaines sur un chantier de construction de maison individuelle. A notre arrivée l’ossature et la couverture étaient déjà réalisées, et nous avons pu participer à :

  • La pose des bottes de paille dans les ossature de type centrée, dé-centrée et GREB,
  • La pose de la barbotine sur les faces intérieures,
  • La pose de la couche de corps d’un enduit terre intérieur.

Plutôt qu’un long discours, voici quelques images pour résumer deux semaines intensives…

Un grand merci à Zoé, Alexandre, Karine et Stéphane pour leur accueil, merci aux constructeurs pour leur encadrement et discussions et aux autres bénévoles pour la bonne ambiance!

Depuis le chantier, nous avons pris quelques jours sur Albi, puis sommes montés jusqu’à Figeac.