Retour d’expérience : voyager avec un vélo pliable

Pour notre récente escapade à travers la Slovénie, j’ai utilisé mon nouveau vélo, un pliant. En effet j’ai revendu mon ancien vélo du voyage de 2014, mais soyez rassurés, il va bien, il est même en voyage ! Il existe des pages sur internet donnant des indications sur comment voyager avec un vélo pliable, mais celles que j’ai trouvé portaient pour la plupart sur l’usage de vélos Brompton, qui sont assez spécifiques. Je profite donc de cette expérience pour noter les points essentiels, puissent-ils servir à quelqu’un. Je suis évidemment preneur de tout commentaire ou complément d’info par courriel.

 

Modèle et raison du choix

Ce vélo est destiné à un usage principalement urbain et devant surtout ne pas trop encombrer l’appartement, et occasionnellement servir en balade et voyage. Comme beaucoup j’ai envisagé les principales marques du marché : Dahon, Tern, Bompton… avec un gros faible pour les Brompton pour leur grande compacité, et parce que j’ai été séduit lorsque j’ai pu en essayer un. Seul bémol: le prix ! Pour un M6R (c’est à dire guidon relevé, avec six vitesses et un porte-bagages), il faut compter 1500 €. Que je n’avais pas. J’ai finalement trouvé chaussure à mon budget : un Lombardo Capri 40. Lombardo est une marque italienne que je ne connaissais pas, ce modèle est équipé de roues de vingt pouces et d’un moyeu à vitesses intégrées Nexus 7, conçu pour un usage citadin. Il est livré avec des pneus typés tout terrain (sur un vélo pliable ??), sans porte bagage et avec un éclairage indigent. Mais… le prix est très intéressant : 500€, là ou les autres modèles similaires que j’avais pu voir étaient au moins à 700€.

Équipement

  • Modifications apportées au vélo
    • J’ai ajouté au vélo un porte bagages Racktime Fold It (30€ environ) que j’ai fait installer par un professionnel car il nécessitait de l’adapter sur le cadre du vélo
    • changé les pneus d’origine de mauvaise qualité pour des Schwalbe Supreme, plus légers et roulants, avec une bande anti-crevaison
    • fixé un cadenas articulé au cadre : Trelock Trigo FS300
    • fixé un support de sacoche de guidon Ortlieb
    • un compteur de vitesse/distance premier prix
  • Sacoches
    • deux sacoches arrières de 20L chacune. A noter que les sacoches doivent être réglées sur une position assez en arrière pour ne pas toucher avec les pieds
    • une sacoche de guidon Ultimate 6 M Classic
  • Éclairage
    celui d’origine étant à pile et faisant tout juste un halo, j’ai utilisé ma frontale (Tikka RXP+) et un chasuble réfléchissant. J’envisage si mon usage le nécessite de remplacer la roue avant par un modèle à moyeu dynamo, et installer un vrai ensemble d’éclairage avant/arrière
  • Hydratation
    je n’ai pas pu fixer un porte-bouteille au vélo. Il existe des solution pour en fixer à la tige du guidon, mais je n’ai pas réussi à imaginer une solution qui permette de conserver la fonction pliage du vélo

Nous avons répartis le matériel comme suit:

  • Chacun une sacoche « perso » contenant vêtements, matelas, duvet et sac à viande, casque, chasuble, gants…
  • Une sacoche contenant la nourriture, la popote et le matelas de Gaëlle, qui ne rentrait pas avec ses vêtements
  • Une sacoche contenant lecture, réchaud, matériel de toilette, de réparation, house de vélo pour le train, bouteille isotherme
  • Un tube étanche contenant la tente.
  • Le petit matériel courant dans les sacoches de guidon : outil multifonction, appareil photo, téléphone…

Itinéraire

Nous sommes allés d’Udine en Italie à Zagreb en Croatie, en passant par le parc du Triglav et Ljubljana, soit environ 400km. Six jours roulés, deux en visites en Slovénie et deux en visite à Zagreb. Côté météo, la température était presque toujours entre 0 et 10°C, sauf lors du passage de la frontière Italie-Slovénie, ou nous avons roulé quelques kilomètres sur une voie cyclable enneigée. Une seule journée de pluie pendant notre visite de Ljubljana !
L’itinéraire simplifié:

Ce qui ne va pas

Tout d’abord, la plage de développement est trop limitée par rapport à ce qu’on peut attendre sur un vélo de randonnée : besoin d’appuyer méchamment sur les pédales en montée, là ou les autres voyageurs avec leur 3×9 moulinent tranquillement, et limité à 25 voire 30 km/h en plat et descentes, au delà ce sont les jambes qui n’arrivent plus à suivre tellement il faut mouliner vite.

Ensuite, dans mon cas la tige de selle est trop courte, probablement de 3 à 5cm. Vous pouvez vous dire que c’est peu, mais sur des journées ou l’on pédale plus de 4h en forçant franchement, cela fait beaucoup de tours de pédaliers avec les genoux trop pliés ! Du coup dans mon cas mes genoux m’ont lancé dès le deuxième jour. J’ai réussi à limiter le problème en montant la tige 2cm au dessus de la limite indiquée dessus, ce qui n’est pas terrible en termes de durabilité, et en moulinant volontairement plutôt que de forcer. A noter que j’ai cherché avant le départ une tige plus longue, sur internet et dans plusieurs magasins, mais sans succès : une tige de 600mm en diamètre 30.4mm, ça ne court pas les rues !

Ce qui va bien

  • En ville: légèreté, maniabilité… c’est très agréable !
  • Dans les transports en commun : le vélo plié tient dans un compartiment à bagage de train, la protection de chaîne au niveau du pédalier et l’absence de dérailleur font qu’il y a peu de risques de salir les autres bagages.

Conclusion

Après cette petite expérience de voyage en vélo pliable, je pense que c’est une solution intéressante à condition que :

  • l’itinéraire n’inclue pas trop de dénivelés
  • votre chargement soit limité, disons moins de 15kg
  • vous puissiez régler parfaitement le vélo à votre taille

Dans ces conditions vous bénéficiez d’un gros avantage pour prendre les transports en commun ou faire du stop. Sinon un vélo classique en 26 ou 28 pouces reste à mes yeux plus pertinent.