Petit détour par la Slovénie…

Comme vous le savez, le projet de mon frère nous a donné une bonne excuse pour prendre deux semaines de congés et le rejoindre à Udine, ville italienne frontalière de la Slovénie.

Déjà s’est posée la question de « comment le rejoindre ? ». Sachez pour votre gouverne qu’il n’existe pas de train de passagers entre l’Italie et la Slovénie, seulement du frêt. Il faut donc passer par la Suisse et l’Autriche, ce qui augmente considérablement les tarifs. L’idée initiale de rejoindre Cyril à Ljubljana est donc rapidement abandonnée, la seule compagnie de bus effectuant ce trajet depuis la France indiquant sur son site qu’elle refuse les vélos… La solution finale fut donc de se retrouver AVANT la frontière.

Nous avons passé la frontière le surlendemain, après l’avoir longtemps longée vers le Nord pour trouver un passage plus simple dans les Alpes. Oui, pour ceux qui l’ignorent (tout comme moi jusqu’à quelques jours avant de partir), la Slovénie ce n’est pas plat : entre le parc national du Triglav au Nord et les collines au Sud, on trouve tout type de relief excepté le plat. C’est peut-être pour cela que les slovènes sont des fous de sport. Chaque slovène que nous avons rencontré pratique au moins deux ou trois activités parmi le ski, élevé au rang de sport national, le footing du dimanche, le kayak, le hockey…
Nous nous sommes également fait plaisir sur les paysages : le pays est très vert et présente plusieurs climats, du montagnard au méditerranéen, le tout sur une surface plus petite qu’une région de France. Antoine est fan de leur architecture : beaucoup de maisons neuves qui rentrent dans ses critères. On nous expliquera plus tard que les slovènes sont un peu « snob » : ils aiment s’afficher, avoir tout mieux que leur voisin… (dixit un Ljubljianais hein). Sinon en cuisine, on trouve quelques spécialités locales, mais si vous voulez manger comme un slovène : prenez une pizza. En plus à sept euros la pizza de trente-cinq centimètres de diamètre, vous en aurez pour votre argent. La bière, le café, les beignets et les pâtisseries sont beaucoup moins cher qu’en France également : autant dire qu’on s’est fait plaisir !

On a également passé deux jours à Zagreb (Croatie) avant de rentrer. Là, on sent qu’on commence à sortir de l’Europe occidentale : déjà on passe notre première « vraie » frontière avec gardes-frontières et vérification d’identité, ensuite on sort de la zone euro, enfin on a l’impression de faire un bon trente ans en arrière. La Croatie, du moins le peu que l’on en a vu, semble beaucoup moins aisée que la Slovénie. Il faut dire qu’au contraire de sa voisine, elle a subit la guerre des Balkans. J’ai moins apprécié Zagreb que Ljubljana d’un point de vue touristique. Ljubljana est une capitale que je qualifierai de « provinciale », la ville est très jolie mais aussi très calme. Zagreb est une capitale économique en plein boum, 3 fois plus grande, avec son lot d’urbanisme anarchique.

Le voyage du retour s’est fait en bus de Zagreb à Milan. Nous avons eu un grand moment de panique quand le chauffeur nous a annoncé de but en blanc qu’il refusait de prendre nos vélos, au contraire de ce qu’on nous avait dit au guichet. Après négociation, il a finalement accepté mais nous comprendrons plus tard, car il ne parle quasiment pas anglais, que nos vélos allaient salir sa soute à bagages, nous n’avions pas du tout songé à les nettoyer…ils avaient quelques traces de terre sur le cadre. Nous nous sommes fait copieusement enguirlander en Croate pendant la première partie du trajet mais bon, l’essentiel était de pouvoir rentrer !

Bref, vous l’aurez compris, ce fût un beau voyage. Notre première incursion en vélo à l’étranger, notre première demande à un habitant pour dormir dans son jardin (nous avions peur des ours)… Et je pourrais vous parler de la Slovénie pendant des heures : j’aimerais beaucoup y retourner à l’occasion, quand il fera plus chaud car nous avons eu un peu froid la nuit, malgré la douceur de la saison!